EVENEMENT, 12e Forum économique international sur l’Afrique – Forum Afrique 2012, gestion des ressources humaines et naturelles : quelles politiques pour promouvoir l’emploi des jeunes en Afrique ? Paris, 4 octobre 2012.

 

 

 

 

 

Cet événement de haut niveau organisé par le Centre de Développement de l’OCDE s’est déroulé à Paris le 4 octobre 2012, réunissant des personnalités de haut niveau[1]. Plusieurs pistes ont été évoquées pour répondre à l’intitulé du Forum, au cours des quatre tables rondes organisées.

En premier lieu, il faut améliorer le contexte économique afin d’offrir plus d’opportunités d’emploi aux jeunes. Les freins aux investissements par exemple sont nombreux. Plusieurs intervenants ont mis en avant le problème du cadastre comme un repoussoir à toute entreprise qui souhaite s’installer dans un pays africain car, en effet dans beaucoup des cas, il n’est pas fiable ou il est inexistant. Par conséquent n’importe quel investisseur ne prendra pas le risque de perdre toute sa mise si ses titres de propriété de sont pas valables. La lourdeur de l’administration et la longueur des démarches ont été évoquées, ainsi que la  fiscalité importante des entreprises. Les infrastructures n’ont pas été renouvelées pénalisant le développement économique local et l’attractivité à l’international.

Une intervenant s’est demandée de son côté pourquoi il y avait un tel décalage entre des taux de croissance élevés du PIB et la stagnation du marché de l’emploi, en particulier des jeunes. Enfin un autre aspect évoqué a été l’accès au crédit pour les jeunes qui souhaitent lancer leur entreprise, accès qui s’est restreint ces dernières années. Or paradoxalement, des milliers de jeunes ont des projets, mais ne trouvent pas moyen de les financer. Un accès plus facile au crédit pour les jeunes entrepreneurs serait très créateur d’emploi.

Il y a un gros problème au niveau de la formation des jeunes. En Afrique la formation est trop théorique par rapport aux besoins des entreprises. Il faut réorienter les formations pour les rendre plus adéquates par rapport au marché du travail. La formation par alternance est à développer ; elle permettra d’impliquer plus les entreprises dans le schéma éducatif ; de son côté l’Etat a aussi son rôle à jouer en incitant par des mesures d’accompagnement les entreprises à s’engager dans ce type de voie.

Afin de permettre une bonne adéquation entre formation et emploi, il pourrait être intéressant de mettre en place un système de suivi et d’évaluation des formations et du marché du travail afin d’adapter au mieux les enseignements à la situation de l’emploi. La formation devrait permettre aux gens d’être suffisamment flexible dans leurs savoirs et savoir-faire afin de s’adapter au mieux à l’évolution des métiers au cours du temps. Il faut absolument éviter de transposer des modèles extérieurs sans prendre en compte les spécificités locales, cause de l’échec de nombreuses tentatives de réforme.

Lors d’une des tables rondes un exemple de projet test a été mis avant : l’école d’excellence 2iE[2] basée à Ouagadougou au Burkina Faso. Il s’agit d’un véritable projet panafricain regroupant 26 Etats, avec des étudiants et des professeurs venants de 30 pays différents. Ce projet ce présente sous la forme d’une école qui forme chaque année 500 ingénieurs, dont 95% trouvent un emploi au bout de 6 mois, (85% dans le privé). Cette école est reconnue pour ses hauts standards éducatifs et son souci d’intégration avec le tissu économique africain.

Cependant cet exemple ne doit pas cacher les réels problèmes des systèmes éducatifs en Afrique, notamment en sciences selon certains intervenants. C’est pourquoi de plus en plus d’entreprises étrangères qui s’installent en Afrique créent très souvent leur propre centre de formation afin de mettre au niveau des standards internationaux ses employés. C’est le cas du constructeur automobile Renault à Tanger au Maroc. L’entreprise française a lancé en partenariat avec le gouvernement marocain une école de mécanique automobile destinée à l’ensemble du personnel, pour former sur les savoirs et techniques, les bases scientifiques, la qualité, la sécurité sur le lieu de travail ou encore le management.

Un accent particulier a été mis sur la création d’emploi dans le secteur primaire. Car en effet l’Afrique possède la plus grande partie des terres cultivables non exploitées au monde. Le gisement d’emploi dans le domaine de l’agriculture est immense. De plus, une simple exploitation des ressources minières n’est plus envisageable. Il devient nécessaire maintenant de créer des industries de transformation sur place qui pourvoiraient des milliers et des milliers d’emplois.