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Archives 2012/2013

Bulletins d’information


Les derniers bulletins publiés par Africa 21 sont disponibles ci-dessous:

Édito n°13
L‘environnement est à l’honneur pour le pire et le meilleur cette semaine. Le pire étant le massacre des animaux emblématiques de l’Afrique,patrimoine de l’humanité, tels que les éléphants ou les rhinocéros afin d’alimenter le trafic d’ivoire à destination de l’Asie. Ce ne sont pas seulement des icones de la faune sauvage africaine que l’on tue, mais cela représente également des atteintes graves contre les écosystèmes fragiles de ces régions et contre une source de développement touristique durable pour les populations qui vivent dans les parcs nationaux qui hébergent ces animaux. Les solutions passeront avant tout par une meilleure entente entre les Etats de la région afin de mettre fin au braconnage transfrontalier, mais aussi par une action efficace pour mettre fin à la demande asiatique d’ivoire. Néanmoins, alors que l’Afrique subit des atteintes graves à son environnement, le Kenya lançait un projet de ferme géante éolienne faisant du pays un des premiers au monde en termes d’utilisation des énergies vertes.
Bulletin d’information n°13 (du 2 au 8 juin 2012)


Édito n°12
lors que le FMI s’extasie devant les chiffres de la croissance économique en Afrique qui avoisineraient ceux des pays d’Asie du Sud-est il y a une vingtaine d’années, le Directeur-Afrique de la Banque mondiale souligne que ces performances économiques n’ont pour l’instant pas d’impact significatif sur la réduction de la pauvreté en Afrique. Le caractère insupportable de cette contradiction incite à donner crédit aux rapports que viennent de produire la Banque africaine de développement et le Fonds mondial pour la nature d’une part, et « l’Initiative en faveur des emplois verts » d’autre part, qui soulignent les effets positifs au niveau socioéconomique d’une économie soucieuse du respect de l’environnement et donc favorable à un développement durable. D’un côté on maintiendrait la croissance à un haut niveau, de l’autre, les retombées positives sur l’emploi permettraient d’accroître le niveau de vie des populations sans épuiser les ressources naturelles.
Bulletin d’information n°12 (du 26 mai au 1er juin 2012)


Édito n°11

Rio + 20, devrait être l’occasion d’évaluer les objectifs de « Développement » en Afrique avant ceux de Développement Durable. L’accomplissement d’un certains nombres de « Déterminants » du Développement constitue un près requis pour « accéder » au Développement Durable. L’Afrique est- elle prête pour enjamber le concept de Développement Durable et celui de l’économie verte ? Ou faudrait-il l’envisager dans une perspective très lointaine? Et quelle « Économie verte » pour l’Afrique ? Tels sont de questionnements auxquels devraient se poser les délégués africains dans cette conférence Rio 20 ans après Rio de 1992.
Bulletin d’information n°11 (du 19 au 25 mai 2012)


Édito n°10
Les Accords de partenariat économique (APE) entre l’UE et les pays ACP ont cristallisé les débats il y a déjà près de cinq ans sur leur opportunité dans un continent dont le commerce extérieur est encore fragile et embryonnaire face aux produits compétitifs des grands pays industrialisés de l’Europe. La mise en œuvre cette semaine du premier APE en Afrique confirme la fin annoncée du régime différencié dont bénéficiaient les pays africains depuis les accords de Lomé dans les années 70. Pour être en conformité avec les règles de l’OMC et, plus récemment, sous la pression des pays émergents dont la concurrence est féroce sur le marché africain, l’UE, doit renoncer au régime unilatéral préalablement en vigueur au bénéfice de l’Afrique. Les jeux sont ainsi ouverts pour les États africains qui peuvent décider soit de faire jouer à leur avantage la concurrence entre partenaires traditionnels et partenaires émergents, soit de développer des réflexes protectionnistes pour protéger leur marché intérieur, sachant que cette dernière approche est rendue difficile par le contexte de la mondialisation.
Bulletin d’information n°10 (du 12 au 18 mai 2012)

 

Édito n°9
Bien trop longtemps les contrats entre États africains et grands groupes internationaux ou États développés concernant les matières premières et les ressources naturelles étaient considérés comme opaques, parfois avec des tarifs très en faveur des seconds ou avec des clauses que certains pourraient considérer comme abusives. Aujourd’hui, les choses tendent à changer avec la montée de la société civile africaine, aidée par sa diaspora et appuyée par les grandes ONG internationales, qui réclament non seulement plus de transparence dans les contrats, mais également une meilleure redistribution des revenus issus de ses ressources. On pourrait citer les cas du pétrole au Nigeria où la société civile de plus en plus organisée demande une meilleure redistribution des ressources ; en Guinée le gouvernement est en train de revoir tous les contrats miniers afin de faire le ménage et renégocier à la hausse les revenus de ses matières premières. L’adoption d’un accord par la FAO sur la gestion des terres est un signe parmi d’autres, d’une prise de conscience, tout comme l’annonce de l’annulation des permis de pêche aux navires étrangers au Sénégal ou la chasse aux bateaux de pêche « pirates » dans les eaux guinéennes. L’africanisation des ressources naturelles de l’Afrique est en route, à n’en pas douter le phénomène va s’accentuer dans les années à venir.
Bulletin d’information n°9 (du 5 au 11 mai 2012)

 

Édito n°8
Le Soudan du sud est aux prises avec son frère ennemi du nord dans un conflit dont les conséquences pourraient être lourdes pour les deux pays et pour la Corne de l’Afrique, régions déjà meurtries par plusieurs conflits (notamment : tensions frontalières entre Érythrée et Éthiopie ; instabilité chronique, guérilla islamiste (les Shebab) et déliquescence étatique en Somalie ; seigneur de guerre en Ouganda (Joseph Kony et le « Mouvement Armé du Seigneur »). L’indépendance chèrement acquise en 2011 n’avait pas résolu le différend frontalier exacerbé par les gisements de pétrole dont regorge la zone litigieuse. L’escalade observée oblige les deux États à rechercher des appuis extérieurs dont celui de la Chine n’est pas le moindre, ce pays ayant besoin de ces ressources pétrolières pour satisfaire ses besoins énergétiques. La visite du président sud soudanais en Chine confirme le rôle croissant du dragon chinois sur le continent africain, et la part toujours plus grande des pays émergents dans le commerce extérieur des États africains.
Bulletin d’information n°8 (28 avril – 4 mai 2012)

 

Édito n°7
Les crises alimentaires récurrentes dans la Corne de l’Afrique et dans le Sahel démontrent l’importance de l’agenda agricole dans le développement socio-économique durable de l’Afrique. Dans ce contexte, si la 27e Conférence régionale pour l’Afrique de la FAO a permit de faire le point sur cet enjeu majeur, l’une des composantes essentielles dans la réussite du développement agricole en Afrique consiste dans une plus grande implication des pays africains ayant les ressources financières (notamment ceux qui bénéficient des exportations d’hydrocarbures comme l’Angola ou l’Algérie) dans le développement de ce secteur d’une manière à assurer sa pérennité. Encore faut-il que les droits élémentaires (notamment lors des acquisitions de terres) des populations concernées et que les équilibres environnementaux (en particulier au regard de la protection des forêts) soient dûment respectés ! De même, alors que les savoirs en matière d’agronomie et la recherche dans ce secteur existent en Afrique, l’information et la mise en pratique sur le terrain fonctionnent encore trop mal. Une meilleure gestion et un meilleur accès à l’eau pour l’agriculture sont également des pistes à développer en urgence.
Bulletin d’information n°7 (du 21 au 27 avril 2012)

 

Édito n°6
Le Mali connaît une grave crise politique qui a poussé la CEDEAO à agir et à mettre la pression sur les forces politiques en présence pour trouver une solution de transition et éviter tout débordement meurtrier. Il est connu depuis longtemps que le nord du pays connaît également des problèmes socio-économiques ; depuis l’indépendance les populations touarègues -qui en terme de peuplement n’ont rien à voir avec les populations noires du sud- revendiquent une indépendance ou du moins une certaine autonomie. En effet, Bamako a trop souvent oublié les populations du nord qui subissent une pauvreté et un désœuvrement profond ; sur certains aspects on peut même parler de discrimination et d’une véritable politique de ségrégation. Au 21ème siècle les politiques de divisions raciales n’ont plus lieu d’être en Afrique ! Elles ont été trop souvent le ferment de grands désordres socio-économiques et d’épouvantables massacres. De même, certains groupes religieux extrémistes (pour ne pas nommer AQMI par exemple), ont su utiliser ces zones pour s’installer et prospérer grâce à la complicité des populations locales qui y voyaient une possibilité de dégager des revenus de subsistance. Aujourd’hui, c’est Tombouctou qui est menacée par des hordes de barbares qui souhaitent s’en prendre aux manuscrits et trésors pluriséculaires classés au patrimoine mondial de l’UNESCO et parmi les plus importants héritages du peuple africain. La disparition de ces documents serait un drame pour le continent, la perte d’une mémoire, de savoirs, d’une partie de l’histoire africaine.
Bulletin d’information n°6 (du 14 au 20 avril 2012)

 

Édito n°5
Parfois les symboles pèsent plus lourd dans les esprits que la réalité sur le terrain. Les bases militaires américaines ou françaises situées sur le continent africain semblent être vécues par les peuples africains comme des signes de dépendance de l’Afrique vis-à-vis de l’occident. L’exemple de la tutelle du Franc CFA (UEMOA et CEMAC) par la Banque de France pourrait être un exemple de cette « dépendance ». Et pourtant, aux choses d’apparence simple, la réalité semble bien plus complexe à saisir, car très souvent les gouvernements utilisent à bon ou mauvais escient (c’est selon) la ficelle du nationalisme ou celle de la solidarité d’intérêts et d’histoire avec l’ancienne puissance. De même, l’apparence de simplicité des postures des puissances occidentales, n’est qu’une apparence, car aux intérêts et aux relations d’Etats, souvent se superposent ceux des intérêts privés qui parfois mènent une politique à l’opposé de celle de leur gouvernement de domiciliation (ainsi que de leurs peuples). Ce fut le cas par exemple en Côte d’Ivoire ces dernières années. Néanmoins, d’autres symboles pourraient être interprétés de manière positive comme un signe d’indépendance et de maturité de l’Afrique : c’est le cas des actions entreprises en vue du règlement de la crise politique malienne, où les instances et les gouvernements africains ont su manœuvrer comme il fallait pour permettre un retour de l’Etat de droit, alors que les puissances occidentales semblaient être en retrait sur ce dossier.
Bulletin d’information n°5 (du 7 au 13 avril 2012)

 

Édito n°4
L’heure des révolutions dans le monde arabe, en Afrique, c’est bien une révolution technique de plus (après celle de la téléphonie mobile) qui devrait chambouler la donne : l’accès des populations rurales à une énergie électrique durable et bon marché, issue des sources nouvelles d’énergies comme l’énergie solaire, l’énergie éolienne ou encore la bioénergie. Les innovations techniques dans ce domaine sont nombreuses, en particulier en Afrique même !
Bulletin d’information n°4 (du 3 au 9 mars 2012)

 

Edito n°3
L‘Afrique est pleine de paradoxe ! Nombre de pays du continent africain ont des taux de croissance parmi les plus élevés au monde et pourtant nombre d’entre eux sont également parmi les plus pauvres au monde. Madagascar régresse, tandis que des pays comme le Ghana ou Éthiopie sont en train de sortir du statut de pays pauvre vers celui de pays à revenus intermédiaires. Les matières premières cotées sur les marchés internationaux boostent les revenus de l’Afrique alors que le commerce entre pays voisins est le plus faible au monde. Raisons économiques, raisons politiques, l’Algérie ne commerce que pour 3% avec ses voisins du Maghreb. Le continent innove en matière de services financiers, en matière de téléphonie, ou de biotechnologies et pourtant les gouvernements africains peinent à couvrir les services vitaux tel que l’accès à l’eau potable ou l’accès à des soins de santé de base. L’Afrique est pleine de paradoxe !
Bulletin d’information n°3 (du 25 février au 9 mars 2012)

 

Édito n°2
Depuis son accession à l’indépendance le 9 juillet 2011, la République du Soudan du Sud n’a pas encore trouvé un équilibre avec son voisin du nord soudanais ; bien au contraire, les foyers de tension ont été nombreux depuis, se cristallisant essentiellement autour de la question des revenus du pétrole, et pour cause, le Soudan tirait l’essentiel de ses revenus des champs pétroliers situés aujourd’hui chez son voisin du sud. Les médiations et les appels à la paix ont été nombreux (ONU, UA, USA, Chine, etc.). Rien n’y fait. Le Sud Soudan ne peut exporter son pétrole que par le nord, or quand le gouvernement de Kiir propose un droit de transit par baril de 1 $, le gouvernement de Khartoum lui réclame un prix de 30 $ le baril. Le Sud a décidé de stopper ses exportations de pétrole et le nord s’enfonce dans une grave crise économique. Conséquence : évoqué depuis déjà un certain temps, le projet de réalisation d’un oléoduc du Sud Soudan en direction du port kényan de Lamu a fait surface, au point que les travaux devraient être lancé début mars 2012. Travaux d’une vaste ampleur, le projet de corridor de Lamu devrait changer toute la géographie économique de la région Sud Soudan/Éthiopie/Kenya, alors que les habitants du petit port de Lamu manifestent désespérément pour la sauvegarde de leur région.
Bulletin d’information n°2 (du 17 au 23 février 2012)

 

Edito n°1
Cette semaine est de nouveau marquée par les développements concernant la relance de l’Union du Maghreb Arabe. Celle-ci est le fruit du président tunisien Moncef Marzouki qui a pris le temps de se déplacer dans les différentes capitales du Maghreb afin de rencontrer ses homologues, faire le point et proposer des solutions aux blocages de l’intégration sous-régionale. Cette démarche, ô combien méritée, relance une organisation dont on n’entendait plus parler, prise en otage par les tensions entre les différents pays et en particulier les relations algéro-marocaines. Il semble qu’à la suite des révolutions arabes et des changements de gouvernement dans la région, ainsi que de la nécessité de réforme et les aspirations légitimes des populations au changement, le vent ait tourné, et que l’on puisse voir renaitre de ses cendres une organisation qui a toute sa légitimité et un potentiel énorme de synergies et de création d’emploi.
Bulletin d’information n°1 (du 11 au 17 février 2012)