Bulletin d’information n°5 (du 7 au 13 avril 2012)

Bulletin d’information n°5 (du 7 au 13 avril 2012)

 

Edito

Parfois les symboles pèsent plus lourd dans les esprits que la réalité sur le terrain. Les bases militaires américaines ou françaises situées sur le continent africain semblent être vécues par les peuples africains comme des signes de dépendance de l’Afrique vis-à-vis de l’occident. L’exemple de la tutelle du Franc CFA (UEMOA et CEMAC) par la Banque de France pourrait être un exemple de cette « dépendance ». Et pourtant, aux choses d’apparence simple, la réalité semble bien plus complexe à saisir, car très souvent les gouvernements utilisent à bon ou mauvais escient (c’est selon) la ficelle du nationalisme ou celle de la solidarité d’intérêts et d’histoire avec l’ancienne puissance. De même, l’apparence de simplicité des postures des puissances occidentales, n’est qu’une apparence, car aux intérêts et aux relations d’Etats, souvent se superposent ceux des intérêts privés qui parfois mènent une politique à l’opposé de celle de leur gouvernement de domiciliation (ainsi que de leurs peuples). Ce fut le cas par exemple en Côte d’Ivoire ces dernières années. Néanmoins, d’autres symboles pourraient être interprétés de manière positive comme un signe d’indépendance et de maturité de l’Afrique : c’est le cas des actions entreprises en vue du règlement de la crise politique malienne, où les instances et les gouvernements africains ont su manœuvrer comme il fallait pour permettre un retour de l’Etat de droit, alors que les puissances occidentales semblaient être en retrait sur ce dossier • Julien Chambolle