“Nourrir ou commercer, outils et diplomatie africaine au service du continent”, café diplomatique 28 Septembre 2013.

Le secteur agricole est confronté à d’importants défis face à la pression démographique, la dégradation des sols et aux effets du changement climatique.

Secteur particulièrement important pour les pays africains, l’agriculture est par ailleurs marquée sur le continent par la faible diversification de l’appareil économique, par une stagnation des taux de productivité et par une balance commercial déficitaire depuis plus de 30 ans.

Dans ce contexte, lors du café diplomatique du 28 Septembre 2013 les experts d’Africa 21 se sont réunis pour échanger des idées autour du sujet « Nourrir ou commercer, outils et diplomatie africaine au service du continent ». Cette démarche a permis de  s’interroger sur la cause du déclin du secteur et les perspectives qui se présentent à l’avenir, notamment par les réponses apportées par la Genève internationale.

Dans cette optique, le deuxième café diplomatique a permis de faire le point sur le développement agricole africain dans le contexte de l’histoire économique depuis les années 1970. Il en ressort que le développement des marchés internationaux et les initiatives promues au niveau international ont beaucoup influencé l’évolution du secteur agricole en Afrique. Les questions suivantes ont notamment été abordées :

  • Les plans d’ajustement structurel proposés par le FMI et la Banque Mondiale pendant les années 1980 ont défavorisé l’investissement agricole.
  • Les résultats des négociations du GATT dans le cadre du cycle de l’Uruguay ont jeté les bases de marchés agricoles s’inscrivant dans l’optique de marchés moins faussés par les mécanismes de protection des pays développés.
  • Des nouvelles puissances agricoles ont émergé au Sud, demandant une réforme accrue des systèmes de protection dans ce secteur Le lancement du cycle de Doha dans le cadre de l’OMC a accru les possibilités d’une telle perspective. Cependant, les blocages persistants et la déséquilibres existants apparaissent comme particulièrement décevants pour les pays en voie de développement qui dépendent fortement de l’agriculture, un marché fortement protégé par des tarifs et subventions des pays industrialisés. A ce titre, le blocage du dossier coton est emblématique d’une telle situation.

Les participants se sont ensuite penchés sur les efforts de l’Union africaine afin de promouvoir l’investissement dans l’agriculture et la croissance du secteur agricole (qui est selon IFAD le secteur le plus efficace pour lutter contre la pauvreté). A ce titre, la réflexion s’est cristallisée autour du Programme Détaillé de Développement de l’Agriculture Africaine (PDDAA), mécanisme crée en 2003 dans le but d’améliorer la sécurité alimentaire et stimuler la croissance économique.

Le développement agricole et la sécurité alimentaire sont des sujets récurrents dans les conférences internationales des derniers 20 ans. Tout au long de l’échange, les experts d’Africa 21 se sont intéressés aux divers initiatives promues par des forums d’échange, la mise en œuvre  des normes existantes, aux négociations en cours et aux mécanismes de résolution des différend  ceci à la lumière notamment de l’effet de la crise des prix alimentaires en 2007/2008 et 2012 sur le renouveau des questions agricoles sur l’agenda international.

Il ressort de cette réflexion que la réalisation effective des buts fixés dans le cadre du PDDAA nécessite un pilotage stratégique de l’agriculture africaine à la lumière des contraintes et des opportunités présentées par l’échiquier international.