“L’Afrique et les négociations climatiques”, café diplomatique 22 octobre 2013.

A l’approche de la 19ème Conférence des Parties à la Convention cadre des Nations Unies pour le Changement Climatique (11-22 novembre 2013), le café diplomatique intitulé « l’Afrique et les négociations climatiques » a permis de faire le point sur l’historique et les enjeux actuels de cette question majeure pour l’avenir du développement durable.

A ce titre, les évènements suivent constituent les étapes marquantes de la prise en compte de cette question sur l’agenda diplomatique :

- Création du Groupe Intergouvernemental sur le Changement climatique par l’Organisation Météorologique Mondiale et le Programme des Nations Unies pour l’Environnement en 1988. Le GIEC a pour mission d’évaluer les informations d’ordre scientifique, technique et socio-économique qui nous sont nécessaires pour mieux comprendre les fondements scientifiques des risques liés au changement climatique d’origine humaine. Il publie des rapports d’évaluation à intervalles réguliers  (1990, 1995, 2001, 2007 et la nouvelle version entre 2013 et 2014) qui constituent les résultats marquant de l’activité de cette structure.

- Signature de la Convention-cadre des Nations Unies sur le Changement Climatique (CCNUCC) lors du Sommet de la Terre à Rio en juin 1992. En tant que traité international, cette convention illustre la volonté de la communauté internationale d’œuvrer à la stabilisation des gaz à effet de serre. Ainsi, les engagements précis devaient être énoncés dans les protocoles rattachés à cette Convention.

- A ce titre, le Protocole de Kyoto (signé en 1997, entré en vigueur en 2005 et couvrant la période 2008-2012) a été une étape décisive allant dans ce sens. Cependant, le trouvant trop contraignant, il n’a pas été ratifié par les États-Unis (premier émetteur de gaz à effet de serre) tandis que le Canada s’y est retiré en 2011. Pourtant, cet instrument contient nombre de flexibilités à dispositions des pays développés (mécanismes de développement propre, application conjointe et échange d’émissions). Dans ce cadre, si Kyoto a suscité un certain engouement de la part des autorités africaines, il s’avère néanmoins que peu de projets relatifs au MDP ont été développés, en comparaison avec d’autres régions.

- A l’heure de l’enjeu relatif à la négociation d’un nouvel accord contraignant (qui succéderait à la 2ème période d’application obtenue lors de la Conférence des Parties de Doha en 2012 : 2012-2015) qui tient compte des mutations de l’économie mondiale (part considérablement plus importante des pays émergents en tant qu’émetteurs de gaz à effet de serre), la communauté internationale est engagée à travers la Plateforme de Durban dans un changement de paradigme qui inclurait l’ensemble des pays – y compris les États-Unis et les pays émergents – dans la lutte au réchauffement planétaire. La négociation doit s’achever au plus tard en 2015, pour prendre effet à partir de 2020. Dans ce cadre, la 19ème Conférence des Parties à Varsovie (novembre 2013) est particulièrement importante au regard des négociations informelles qui vont y être menées.

Dès lors, au regard de cette dynamique de négociation et de la mise en œuvre des normes internationales (héritées notamment de la CCNUCCC et du Protocole de Kyoto avec les amendements obtenus à Doha en 2012), quelles sont  les enjeux clefs pour l’Afrique concernant son développement socio-économique durable ?

- Au niveau global, l’atténuation des émissions de gaz à effet de serre apparait comme l’enjeu majeur. Cependant, cela ne peut se matérialiser que par un changement du mode de vie dans les pays développés étant donné leur responsabilité historique. Parallèlement à cet enjeu de négociation, le suivi adéquat de la conformité des engagements s’avère crucial.  

- Au niveau continental, l’adaptation apparaît comme l’enjeu fondamental du fait de l’importance de l’impact négatif dans des secteurs tel que l’agriculture.  Pour ce faire, le financement et le transfert de technologie est un aspect fondamental.

Au terme du café diplomatique, un consensus a émergé dans l’idée que l’Afrique a tout intérêt à adopter une approche anticipative et proactive sur cet enjeu clef relatif à son développement socio-économique durable, ceci d’autant plus qu’on observe une convergence entre les OMD et les objectifs du développement durable à l’horizon post-2015. Par conséquent, un suivi des activités pertinentes au sein de la Genève internationale est particulièrement important à cet égard (REDD+, GIEC, initiative du PNUE en faveur de l’économie verte, liens entre le changement climatique et des thèmes tels que la santé (OMS), les réfugiés (HCR), les zones humides d’importance internationale (Convention de Ramsar), la biodiversité (CITES et REDD+), le commerce international (OMC et CMUCED).