En Afrique de l’Ouest, les djihadistes font main basse sur les parcs et les ressources naturelles Evénement en ligne sur Zoom, le mardi 29 septembre à 18h (heure de Genève)

Photo part d'Arly 1

Les pays d’Afrique subsaharienne font face à de nombreux problèmes environnementaux d’ampleur. Parmi les plus inquiétants peuvent être cités le tarissement progressif du lac Tchad et celui du fleuve Niger dont dépendent pour leur alimentation et leur travail respectivement près de 30 millions de personnes et près de 70% de la population malienne. Ces deux aires géographiques comprennent des écosystèmes fragiles qui accueillent de nombreuses espèces naturelles, pour certaines emblématiques, comme l’hippopotame du Niger. Elles représentent en outre des territoires d’action intense pour les groupes djihadistes dans la zone sahélienne. La zone naturelle marécageuse du Lac Tchad, fragile, offre ainsi une base arrière aux groupes issus de Boko Haram et leur permet de développer leurs actions au nord du Nigeria, à l’est du Niger, au sud du Tchad et au nord du Cameroun.
La force des groupes djihadistes en Afrique subsaharienne a été leur capacité à s’insérer dans les différents trafics locaux, en particulier transfrontaliers, notamment liés à l’exploitation des ressources naturelles, à stimuler les conflits ethniques préexistants et à tirer parti du retard de développement de régions marginalisées. À ce titre, les zones naturelles protégées représentent au moins 4 intérêts pour ces groupes djihadistes :
– L’appropriation de ressources économiques issues d’espèces protégées : importance du trafic de l’ivoire notamment pour les groupes djihadistes Boko Haram et Al Chabab (1).
– La captation des ressources en minerai, par exemple les ressources en or du Mont Tibesti au Tchad (2) et celles des mines du Niger.
– Occasionner des conflits liés à la pression environnementale entre populations locales et populations
déplacées du fait des violences, par exemple au nord du Cameroun (3), faisant le lit du développement des groupes terroristes.
– La mainmise sur des espaces naturels d’importance comme arme communication permettant d’attirer l’attention des médias occidentaux. Le développement par exemple des activités des groupes djihadistes dans la région du parc de la Comoé n’est pas sans poser question (4). Cette zone protégée, quasi-frontalière du Burkina-Faso et proche du Ghana représente une zone tampon qui est un espace de choix pour le développement des activités des groupes terroristes sahéliens vers le sPostud.

La problématique de la préservation de l’environnement est à la croisée des différentes problématiques rencontrées actuellement par les populations et les États d’Afrique subsaharienne : accroissement démographique, urbanisation, développement. Une prise en compte des questions environnementales, conformément aux Objectifs du développement durable (ODD) 2, 6, 10, 14 et 15 (5), s’avère donc plus que jamais nécessaire dans un contexte de développement vers le sud en Afrique de l’Ouest des groupes djihadistes, en direction des côtes en Afrique Australe (6) et vers les espaces naturels protégés en Afrique Centrale (7). Cette problématique environnementale, abordée dans sa dimension sociale, doit sans doute également être prise en compte dans le cadre de la stratégie de lutte contre le djihadisme menée par la France avec le concours des États africains et de certains États de l’Union Européenne.

Nous tâcherons donc au travers de cette visioconférence, grâce à nos intervenants issus d’Interpol, de l’IUCN et de Earthjustice, de considérer plus justement l’importance des problématiques environnementales dans le cadre de la lutte contre le djihadisme en Afrique subsaharienne et d’esquisser des réponses pouvant être apportées par les différents acteurs dans ce cadre.

Pour y participer, merci de s’inscrire à : info@africa21.org

Lien Zoom pour assister à la conférence : https://us02web.zoom.us/j/88933948301

1 « Le trafic d’ivoire, principale source de financement du djihadisme en Afrique », P. LALONDE, Huffingtonpost, 07/08/2016
2 « Tchad : l’or du Tibesti, l’autre guerre du Sahel », Jacques DEVEAUX, Franceinfo, 09/11/2019 ; « Abdoul Azizou Garba : au Niger, l’exploitation de l’or pose un sérieux problème de sécurité dans certaines localités », Maïmouna DIA, La Tribune Afrique, 19/12/2019
3 « Au Cameroun, les réfugiés de Boko Haram luttent pour le reboisement de leur camp », Sophie Douce, Reporterre, 15/01/2018
4 « Côte d’Ivoire : une base de l’armée cible d’une attaque djihadiste »Le Point, 11/06/2020
5 https://www.un.org/sustainabledevelopment/fr/objectifs-de-developpement-durable/
6 Attaque et contrôle du port Mocímboa da Praia le 12 août 2020 puis plus récemment des îles de Metundo et Vamizi le 12 septembre 2020
7 Attaque de militaires congolais par le groupe djihadiste ADF dans le Parc de Virunga : « RDC : Sept soldats trouvent la mort dans une embuscade des ADF dans le parc de Virunga », Koaci, 28/07/2020

Photo parc d'Arly 2

Photo parc d'Arly 3