EVENEMENT, Le commerce et la politique agricole de l’Afrique à l’horizon 2025. FORUM PUBLIC DE L’OMC 2012 “Le multilatéralisme est-il en crise?” 24-26 septembre 2012 Genève, Organisation Mondiale du Commerce

 

 

 

 

 

 

Le commerce et la politique agricole de l’Afrique à l’horizon 2025

 

A la lumière de l’importance du défi agricole dans le développement socio-économique de l’Afrique au XXIème siècle, un atelier organisé dans le cadre du forum public de l’OMC consacré à « la crise du multilatéralisme » a permit de faire le point sur les liens entre commerce et politique agricole en Afrique à l’horizon 2025.

 

Co-organisée par le bureau de Genève du Secrétariat des Etats ACP et l’antenne locale de la  
Friedrich-Ebert-Stiftung (FES), à travers la présence de représentants de la CNUCED[1], de la société civile[2] et de la scène politique tanzanienne[3], cet évènement a permis d’offrir l’opportunité aux intervenants de revenir sur l’évolution historique de l’agriculture africaine depuis les années 1980 à la lumière de l’expérience douloureuse des Programmes d’ajustements structurels et de la baisse des prix agricoles. Dans ce contexte, si ces dernières années démontrent un renversement de la tendance historique à la baisse des cours, il n’en demeure pas moins que le Continent est encore grandement dépendant de l’exportation de quelques matières et qu’à ce titre, la diversification agricole reste limitée (à l’exception des produits issus de l’horticulture). En outre, mise à part quelques pays (dont l’Afrique du Sud et jusqu’à certain temps le Zimbabwe), les pays africains restent dans leurs grande majorité Importateurs Nets de Produits Alimentaires.

 

Diverses raisons ont été soulevées à cet égard: tandis que les programmes d’ajustement structurels ont fragilisé la capacité productive des pays africains, les subventions des pays riches ont grandement contribué à distordre les conditions de compétition. Cet état de fait s’inscrit en outre dans un contexte marqué par (i) le « biais urbain » des politiciens qui privilégiaient des produits agricoles bons marché au détriment du milieu rural et (ii) le syndrome dit de « la maladie hollandaise (désintérêt de l’agriculture au profit des industries extractives).

 

C’est dans ce contexte que s’inscrit la crise alimentaire structurelle -et qui a attiré l’attention de la communauté internationale à partir de 2007 avec la hausse spectaculaire des produits de base et la crise économique mondiale. Ainsi, face au défi  du changement climatique conjugué à la pression démographique, les intervenants ont mis l’accent sur l’importance du commerce agricole régional, du renforcement des infrastructures, du renforcement du secteur privé et d’un meilleur accès à la technologie.

 

Parmi les intervenants, Fanny Constanine, experte en commerce international auprès de l’ONG RONGEAD, a évoqué deux défis majeurs à cet égard :

 

-         l’accès au marché des produits africains (à la lumière des conditions sanitaires et techniques strictes dans les marchés d’exportation (normes privées et publiques), comme l’atteste l’exemple de l’arachide

-         le développement des filières locales en tenant compte des politiques commerciales (y compris à travers une utilisation optimale des instruments de protection telle que la clause de sauvegarde) , d’une implication des gouvernements africains et d’une structuration des intérêts des producteurs

 

Face à cette présentation des défis globaux de l’agriculture africaine, Bernard Njonga, un activiste de la société civile pour la politique agricole a exposé le cas particulier du Cameroun en évoquant notamment les lacunes en termes de vision politique et en déplorant le fait que les paysans sont « les largués de la mondialisation ». 

 

C’est dans ce cadre du débat que Jacques Berthelot de l’0NG Solidarité a soulevé l’importance des politiques agricoles de protection à l’importation au niveau national et des aspects multidimensionnels de l’agriculture.

 

D’autres interventions de l’audience ont mis l’accent sur l’importance du renforcement des marchés en Afrique de telle sorte à avoir une masse critique et être compétitif sur la scène mondiale.

 

Pour écouter la conférence :

http://www.wto.org/french/forums_f/public_forum12_f/programme_f.htm




[1] M. Aimable Uwizeye-Mapendano, économiste, Groupe spécial sur les produits de base, Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED).

[2] Mme Fanny Coustaline, spécialiste du commerce, RONGEAD ; M. Bernard Njonga, activiste de la société civile pour la politique agricole, Cameroun.

[3] Mme Anastazia James Wambura, Membre ‑ Siège spécial, Parlement de Tanzanie